Deux mille douze, douce année de ressources

4 janvier 2012

Cher lecteur,

Tandis que 2011 a égrené ses dernières heures, et que nous levons le rideau sur l’année 2012, me voici sur une dune caressée par la brise, à réfléchir à l’état du monde.

Je lève les yeux au Nord, je vois une Afrique du Nord qui se cherche, encore secouée par les derniers soubresauts du « printemps arabe » ; un peu plus haut encore, je vois une Europe frileuse, recroquevillée sur elle-même, accablée par la crise de l’Eurozone, avec d’anciennes grandes puissances et grandes civilisations réduites à accepter l’amère potion du FMI comme de vulgaires Etats tiermondistes.

Je tourne les yeux à l’est, c’est un paysage d’apocalypse qui m’aveugle, un Tsunami au Japon doublé d’une catastrophe nucléaire, qui sont parvenus à fissurer la légendaire impassibilité et le stoïcisme des peuples du soleil levant.

Je tourne les yeux à l’ouest, et là c’est la désolation, des ouragans, la récession dans le riche pays de l’Oncle Sam, des ménages entiers jetés à la rue, des « indignés » qui se lancent à l’assaut de la Maison Blanche, des images d’insurrection à la télé ;

Je regarde vers le Sud, c’est année électorale partout, avec son cortège de violences post-électorales, tripatouillages de constitution, fraudes, quand ce n’est pas une terrible famine qui frappe la corne de l’Afrique et son ballet d’ONG criant au secours ;

Mon Dieu que de maux. Je pousse un soupir. Inspirée par la beauté des dunes caressées par le vent du désert, je me rappelle cette réflexion philosophique : après celui de Dieu, le plus grand, le plus bel amour est celui que l’on a pour soi.

Les africains et le peuple noir en général, résignés au malheur, n’ont pourtant aucune raison de se morfondre et ont toutes les raisons de croire en leurs ressources.

Jugez-en plutôt :

-        Michael Jackson, Le plus grand chanteur pop de tous les temps, est noir.

-        Tiger Woods, Le plus grand golfeur de tous les temps, est noir.

-        Modibo Diarra, navigateur interplanétaire à la Nasa et premier Américain désigné ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, est noir.

-        Lewis Hamilton, le plus grand champion de course automobile de ces dix dernières années, est noir.

-        Nelson Mandela, le Président et homme politique le plus unanimement respecté au monde, est noir.

Et dernier et non le moindre,

-        Barack Obama, le Président des États-Unis, première puissance mondiale, est noir.

 

Parties de rien, toutes  ces personnalités ont en commun d’avoir cru en elles-mêmes et en leurs capacités à terrasser l’adversité.

Que cela signifie-t-il. Balle au centre. Revenons aux fondamentaux.  Toi, moi. Nous. Chacun d’entre nous représente une mine de ressources. Une telle richesse. Regardons au fond de nous-mêmes, croyons en nous-mêmes et en nos capacités. Cette année est l’année de la foi. La foi en nos ressources intérieures, pour, avec l’aide de Dieu, colmater nos brèches, surmonter les écueils, gravir les montagnes, quels que soient leurs noms, ou leur envergure (maladie, échec, tension, solitude, disparition, difficultés) car je vous le dis, notre capacité à nous réinventer est infinie.

Vos ressources diverses et plurielles sont inépuisables et, j’en suis convaincue, vous feront en 2012, voler de succès en succès, et de sommets en sommets.

Je souhaite à tous une année 2012 de réussite, de confiance en soi, de paix, de foi, une année prospère, campée sur une santé de fer, débordante d’amour, et agrémentée de quelques deniers toujours bienvenus pour entretenir la santé !

 

Pourquoi je ne suis pas sur Facebook

8 novembre 2010

Cher lecteur,

Je dois être le dernier terrien connecté à internet à ne pas avoir de profil sur Facebook. Pourtant, on ne peut me taxer d’être hermétique aux nouvelles technologies; j’ai fait partie des 60 premiers abonnés à internet de Niamey, et je me souviens de nuits blanches passées à tenter de télécharger un fichier, au temps où la connexion coûtait 50 fcfa la minute!  Oui vous avez bien lu! Et croyez moi, à cette époque, je connaissais le moindre quadrilatère composant la page d’ouverture de session de Yahoo! Car elle nous arrivait au compte goutte….Je ne peux donc pas être taxée de technophobe, ça non. Quoi alors? Bon, peut-être que « Fessebouc », cela ne fait pas trop sérieux comme nom, mais à la limite, c’est rigolo, cela ne peut être cela qui me rebute tant.  Je ne suis pas coincée à ce point cher lecteur. Ce n’est pas cela du tout. Je ne suis pas bas-bleu. En réalité, si je freine des quatre fers, c’est parce que, déjà, je suis un peu anti-phénomène de mode. A l’époque, j’ai refusé d’acheter un iphone, lui préférant un Blackberry, car moins à la mode… Mais nul ne peut le nier, on ne peut échapper à Facebook, FB pour les intimes. J’ai moi-même reconnu son utilité et eu recours à ses services, mais là où je tique, c’est lorsque je me rends compte qu’il n’y a plus de fin à la chaîne des amis. Que le sens du mot « ami » est galvaudé », que la notion de confidentialité est élastique, et surtout, que le temps n’existe plus au Royaume des facebookiens. Le passé n’est plus le passé, le présent se dilate à l’infini et le futur ira puiser dans les deux. Je m’explique.  Ma bonne copine Brigitte a mis une photo de fac sur FB? Un petit jeunot, inconnu au bataillon, que je peux pratiquement mettre au monde, me saute au cou  à Accra, me claque la bise, et me dit: Salut! T’es la copine de fac de Brigitte, promo 1985 de Mons ? Je rêve? Ce petit morpion doit être né bien après 1985, comment sait-il cela? Et bien FB pardi! Est-ce que tout ce petit monde m’a demandé ma permission pour faire irruption dans ma vie, maintenant étalée sur Toile? Pour divulguer ma vie passée, pour conditionner mon avenir, car, dans le cas d’espèce, si j’avais eu une posture quelque peu « olé, olé » sur la photo,  quelle opinion pourrait avoir de moi ce jeune homme. Je dramatise me direz-vous. Bien, que dites vous alors de cela: un beau jour je reçois un mail d’une certaine Christine, me demandant si je suis bien une telle, de telle Université il y a vingt ans, curieuse, je clique sur le lien, et oh miracle, je tombe sur MON PROFIL Facebook, avec ma vraie date de naissance, et 46 amis déjà là installés comme dans leur salon, attendant patiemment mon arrivée… comment FB connait-il ma date de naissance? Mes « amis »? mystère, mystère, mais moi, cela m’a effrayée. Et rebutée. Comme je n’aime pas critiquer sans connaître, il m’arrive de m’aventurer dans les allées facebookiennes, et de flâner pour savoir ce que les inconditionnels y font. Et bien, c’est chouette FB, chacun y raconte sa vie, ses déboires, c’est une sorte d’exutoire moderne. Mais ne croyez pas que l’on fasse de grande littérature, parfois, nul besoin de parler ou d’écrire, il suffit de cliquer sur un pouce levé ou baissé, « j’aime/j’aime pas ». Du temps des romains il y avait « panem et circensem » pour distraire le peuple, de nos jours c’est Facebook@internet. Et ce n’est pas dessus que je pourrai vous servir une telle tranche de prose, cher lecteur. Non, le facebookien de base se contente d’onomatopées, de smileys, de LOL et autres phrases codées. A une époque où les idéaux de socialisme, de communisme et de solidarité sont passés de mode et relégués aux oubliettes, et où la société se complait et se renferme dans un individualisme à tout crin, l’être humain a plus que jamais besoin de son réseau social comme d’un refuge, d’un cocon, d’une drogue pour échapper à la dure réalité de la vie, avec sa cohorte d’amis virtuels que l’on brandit dans les diners ou les cours de récréation comme un trophée; j’ai 245 amis, moi 300, moi 1000!  je suis donc un mec/fille bien! Seul problème, le nombre d’amis virtuels est généralement inversement proportionnel à la vacuité de la vie réelle.  Le retour sur terre, avec les vraies amitiés, la chaleur humaine, et les amis authentiques, ceux qui ne s’effacent pas d’un coup de clic, c’est pour quand?

L’image de la femme africaine à l’ère de la mondialisation

1 novembre 2010

Cher lecteur,
Je vous annonçais hier que le sujet de mon prochain article serait l’image de la femme africaine à l’ère de la mondialisation. Pourquoi ce sujet me direz-vous? Simplement parce que je suis femme, et que je suis africaine? Et que je ne peux m’empêcher de me poser mille et une questions? Oui, il y a de cela, mais aussi par ce que j’ai un petit coup de gueule à pousser, (et oui, encore un), un grand coup de gueule même. Contre qui? Contre les hommes. ENCORE? Et certaines femmes. Ah, bon. Et pourquoi? Et bien parce j’en ai assez d’entendre dire que la femme africaine est complexée. Oui elle se défrise les cheveux, oui elle se décolore le teint, oh que ce n’est pas bien, hou, hou, hou. Mais, la femme blanche se fait des permanentes pour se faire un afro ou se boucler les cheveux, ou même, « se crêpe » les cheveux pour pouvoir faire tenir son chignon. Elle passe des heures au soleil pour brunir et parfois, franchement carrément brûler, au point de ne plus ressembler qu’à une pomme flétrie. Donc jusque là match nul; mais elle va plus loin: elle se fait gonfler les lèvres pour les rendre pulpeuses et charnues (comme celles d’une africaine) et remonter, cambrer, et galber les fesses avec moult accessoires quand elle n’en a pas les moyens, et jusqu’au scalpel si elle en a les moyens pour ressembler à qui? Devinez… alors, quand il s’agit des occidentales c’est de la futilité, voire de la frivolité, mais pour les africaines, les chantres du complexe sont catégoriques, c’est la double peine qui nous frappe: c’est de la frivolité doublée du complexe de vouloir ressembler aux blanches!!! Mais comme nous venons de le démontrer ci-haut, il me semble que les blanches essayent davantage de nous ressembler que l’inverse. A se demander si ceux qui n’accusent pas si fort ne sont pas les premiers complexés. Mais le teint et les cheveux, parlons-en. Les femmes sont des êtres étranges, qui cherchent par tous les moyens à se distinguer de la masse. Quand dans une population tout le monde est noir, qu’est-ce qui est exotique et sexy? Etre clair pardi! C’est aussi bête que cela, et c’est la raison pour laquelle il y a tant de fausses blondes en Italie. Le défrisage des cheveux: soyons francs: les trois quart de la planète à les cheveux lisses ou presque: les asiatiques, les européens, les américains, les sudaméricains, les océaniens, soit des milliards d’individus, tous (ou toutes) nous narguent avec leurs crinières qui croulent jusqu’aux creux des reins. Faut-il en vouloir aux africaines d’être des moutons de panurge et de vouloir simplement ressembler au modèle de beauté prédominant? L’afro n’est plus à la mode!!! Il faut bien se rendre à l’évidence. Ajoutons à cela que c’est ce modèle de beauté européenne aux cheveux raides qui détient le pouvoir économique, le pouvoir de recherche cosmétique, et, surtout, le pouvoir publicitaire d’imposer son modèle de beauté au reste du monde. La communauté afroaméricaine tente de résister à cette déferlante en créant des produits pas trop mauvais que nous, pauvres africaines, nous nous empressons d’adopter pour tenter de dompter nos chevelures denses et rebelles. Mais quelle est cette part de marché par rapport à celle du marché du cheveu lisse? C’est nous contre les trois quart de la planète je vous dis. Autant dire le combat de David contre Goliath. Alors, à Rome, faisons comme les romains, lissons-nous les cheveux. CQFD. Et le teint me direz-vous, pourquoi cette volonté de se décaper? Est-ce un vraiment un complexe d’infériorité, comme le prétendent certains, un reniement de sa couleur, de son identité? Cher lecteur, l’identité est-elle soluble dans le xessal*? Que nenni. La femme noire ne veut pas devenir culturellement blanche, elle veut sortir de l’ordinaire, elle veut se distinguer de sa voisine de palier, elle veut être sexy et exotique, et comme le teint clair se retrouve naturellement chez nous, de temps en temps, par hasard, dans la population, comme un don de Dieu, comme la blondeur chez les occidentaux, de même que la blondeur est sexy chez eux (voir toutes les bimbos du style Pamela Anderson & co), la « clarté du teint », parce que rare au naturel, est aussi sexy chez nous. Alors de même que les occidentales se décolorent les cheveux, et se bronzent, les africaines se décolorent le teint et se défrisent. Attention, loin de moi l’idée de défendre cette atroce pratique extrêmement dangereuse, cancérigène et de surcroît souvent inesthétique au final. Mon propos vise simplement à décortiquer les motivations et à démontrer qu’au fond, elles ne sont guère différentes de celles qui poussent des millions de femmes (et d’hommes) blancs de peau à s’exposer au soleil pendant des heures sur la plage, en dépit des recommandations et avertissements de tous les dermatologues unanimes pour dire que cette pratique est dangereuse et cancérigène. Ils pensent qu’ils sont plus beaux bronzés. Mais ce qui paraît anodin, voir sophistiqué chez les blancs est frappé d’opprobre et de dessein complexifié chez les blacks soupçonnés d’avoir mal digéré l’esclavage et/ou le colonialisme. A l’ère de la mondialisation, et du brassage de populations, il faut ouvrir les yeux, et se rendre compte que la jeunesse urbaine veut ressembler à ce qu’elle voit à la TV, et ce qu’elle voit ce sont des visages qui ressemblent à la population de demain: un visage ni noir, ni blanc, ni jaune, mais un mélange des trois. Notre modèle traditionnel de société n’est pas le modèle économiquement prédominant, et à acte égal, le nôtre parait toujours dévalorisé! piler le mil les seins nus le long des rizières (bouh, c’est pas civilisé ça, vite, cachez ce sein que je ne saurais voir), mais faire du « topless » à la plage, ça, c’est le summum du raffinement. Cessons de voir du complexe (et du complexé) partout – ou laissons cela aux vrais complexés qui ont toujours des raccourcis et des solutions simplistes puisées dans le rétroviseur de l’histoire – la tâche qui nous incombe: faire prendre conscience de ce « panurgisme débridé », continuer à lutter contre le blanchiment de la peau parce qu’il nuit à la santé et instiller subtilement un nouveau modèle de femme africaine, bien dans sa peau, inspirée de son foisonnement culturel, et bien campée sur le socle de sa plastique naturelle que le monde entier nous envie!
*xessal: vocable utilisé au Sénégal pour désigner le produit employé pour décaper la peau

Match Burka contre mini-jupe

31 octobre 2010

Cher lecteur,

Ca y est, la loi contre le port de la burka ou voile intégral a été adoptée en France. Cela a suscité un certain nombre d’interrogations chez moi, qui suis originaire du Niger, un pays où, ce qui court les rues, et qui est d’une banalité à pleurer, ce sont des hommes intégralement voilés! en effet, les touaregs, hommes du désert, se promènent dans les rues de Niamey avec un turban couvrant intégralement la tête et le visage, ne laissant qu’une mince fente pour les yeux, bien souvent agrémentée d’une imposante paire de lunettes de soleil. Alors, j’ignore quel est le bien fondé de la loi pour interdire le port de la burka, mais j’ai ouï dire que c’était parce que ce voile intégral allait à l’encontre de la dignité de la femme. Alors, quid de la dignité de l’homme touareg? car je rappelle que seuls les hommes sont voilés chez les touaregs. J’ai ouï dire aussi que c’était parce que certaines femmes étaient contraintes par leurs maris à porter cet accessoire « avilissant » pour la dignité de la femme. Alors là je suis encore plus perplexe, car cela me rappelle un dîner en compagnie d’amis à Niamey. Ma voisine, africaine, mariée à un français, était vêtue d’une micro-jupe, et avait, dans un sursaut de pudeur, couvert ses cuisses nues de son châle. Je lui demande que faisait le châle sur ses cuisses, car il était visiblement tout à fait incongru dans l’ensemble, ce à quoi elle me répond: « mon mari n’aime pas que je m’habille long, il veut que je m’habille tout le temps court et sexy, je ne dois porter que des mini-jupes, des décolletés et des haut-talons (je confirme qu’elle était juchée sur des échasses, sur lesquelles elle titubait et menaçait de s’étaler à chaque pas), cela m’ennuie, mais que veux-tu ». Et je me demande, quid de la dignité de la femme? Cela m’a bien amusée, car finalement, je me suis dit, mini-jupe ou burka, même combat? En définitive, la femme se plie à la volonté de l’homme, qui tantôt veut la couvrir, tantôt la découvrir. Et si la France ne supportait-elle pas que l’on couvre la femme parce que ses hommes exercent la dictature inverse et préfèrent découvrir leurs femmes coûte que coûte, même au prix de nombreux complexes,  empêchant ces femmes de vivre dès le mois de février car les magazines les bombardent de régimes en tout genre, les poussant à une dictature de la maigreur voire de l’anorexie? Loin de moi l’idée de faire l’apologie de la burka, en revanche, je demande un peu plus d’ouverture sur le monde et un peu moins d’hypocrisie. Je voudrais que l’on remette le curseur au bon endroit, et que l’on cesse de se voiler la face (sans mauvais jeu de mot). La burka gêne parce que les hommes occidentaux préfèrent voir des femmes à moitié nues que voilées, nul ne songerait à faire promulguer une loi pour les quelques centaines de touaregs qui se promènent régulièrement enturbannés en France, et ce même pour des raisons de sécurité! Quoi qu’il en soit, l’excès nuit en tout, et en cette époque de mondialisation, il est bon de savoir raison garder et de faire montre de modération ce qui ne veut pas dire assimilation totale. Ceci est une idéale transition pour introduire mon prochain article: l’image de la femme africaine à l’heure de la mondialisation, restez à l’écoute!

mon premier article!

30 octobre 2010

Je suis à Abidjan, en escale, en route pour Niamey. Voilà longtemps que l’envie d’écrire me démange, mais où, quand, comment. Le temps file, nous sommes sans cesse happés par le tourbillon de la vie moderne.. mais voilà qu’aujourd’hui au hasard d’une émission radio (merci l’atelier des medias de RFI) je me rends compte que le blog doit être la meilleure solution pour moi. Et cela ne doit pas être si compliqué d’en créer un? aussitôt dit, aussitôt fait! hop, j’empoigne mon laptop (rose, car je suis une filleemoticone) et je clique sur le premier site qui offre la création rapide d’un blog, et me voilà! je suis toute émoustillée. Le premier article, c’est facile, il suffit de l’intituler « premier article »… on verra bien si je tiendrai sur la durée, mais ce ne sont pas les sujets qui manquent, j’ai tant de choses à dire… Je suis ce qu’on appelle une « révoltée »,  une « passionnée » et souvent je m’enflamme.  J’ai un avis sur tout. Souvent j’entends dire, Elisabeth, tu devrais écrire. Et bien voilà, c’est chose faite, je vais dorénavant partager avec le reste du monde mes révoltes, états d’âmes, commentaires, et observations psycho-culturo-sociologiques. Tenez, pas plus tard que la semaine dernière, j’étais à un dîner mondain, assise à côté d’un expatrié (français) et nous devisions sur des sujets divers, et la conversation glisse sur la gastronomie, la cuisine, et je fais remarquer que les expatriés s’intéressent rarement aux plats locaux lorsqu’ils sont en Afrique; et il me répond: mais madame, existe t-il même une cuisine nigérienne? je suis restée coite car estomaquée sur le moment, mais passé le premier moment d’ahurissement, je lui ai répondu: monsieur, vous vous rendez-compte j’espère que le simple fait de poser cette question est condescendant? Ce monsieur pense certainement que les nigériens ont découvert la cuisine et la nourriture après l’arrivée des colons, je ne vois pas d’autre explication à son commentaire. Mais, cela a également suscité chez moi un sursaut de fierté et d’orgueil. Je vais m’atteler à compiler toutes les recettes qui on régalé mon enfance et battre le rappel de mes tantes, grand-mères, cousines, pour qu’elles livrent tous leurs petits secrets gastronomiques, et que nous valorisions notre cuisine, publions nos recettes, ouvrons de véritables restaurants, il n’y a pas de raison que tout le monde connaisse le « tchep bou djen » et pas le « two tchinkafa ». Nous avons une cuisine riche et créative, il est temps de la mettre en valeur et d’en faire un instrument de croissance et de développement culturel et économique! Chers lecteurs, il est temps pour moi de prendre mon avion. Suite au prochain épisode, je vous parlerai du match burka contre mini-jupe….